Coronavirus symptôme de nos peurs ?

Petite mise au point :

Vous devez certainement vous demander ce qu’un article sur le coronavirus vient faire dans un blog de développement personnel et vous avez bien raison ! Cependant, j’ai eu envie de vous soumettre ma réflexion à ce sujet et vous proposez un petit décryptage sur les notions de peurs.

A vrai dire je ne parlerai pas du virus en tant que tel. D’une part je ne suis pas une spécialiste et d’autre part cela serait hors de propos. Par contre, j’aimerai vous montrer à quel point nos émotions viennent conditionner nos comportements.

Bonjour la peur !

Pour commencer, il est important de rappeler que la peur fait partie de nos émotions « primaires » . Son existence est tout à fait naturelle, on touche ici l’instinct de survie. Elle est d’ailleurs présente chez la majorité des espèces animales. C’est une émotion dite « d’anticipation ». C’est-à-dire qu’elle nous informe de l’arrivée potentielle d’un danger pouvant nuire à notre vie ou notre intégrité. Elle est indispensable car elle nous permet de mettre en place des mesures nécessaires et utiles pour se protéger.

Cependant elle est aussi le fruit de nos perceptions et nos croyances. En effet, elle est alimentée par notre imagination et les histoires que l’on peut se raconter.  A titre d’exemple si l’on prend une personne qui a peur des araignées, à moins de vivre dans des pays remplis de mygales venimeuses il y a, pour nous autres occidentaux,  peu de risques de mourir d’une de leur morsure. Pourtant on a toutes sortes de représentations liées à leurs aspects ou à leurs dangers potentiels qui conditionnent nos comportements. C’est inconscient et la réaction, face à l’insecte en question, n’est pas contrôlable sur l’instant.

Par exemple, pour vous raconter un petit souvenir, je me rappelle avoir fini debout sur une chaise en criant, en appelant à l’aide au téléphone parce qu’une araignée passait tranquillement sous mes pieds !! Exagéré ? Un peu oui et pourtant il ne s’agissait pas là d’un comportement  intellectualisé mais tout simplement d’une réaction émotionnelle ! Aujourd’hui j’ai appris à apprivoiser mes peurs des araignées et ainsi réagir de façon plus tempérée en leur présence.

Comment se manifeste t’elle ?

Au-delà des manifestations physiques, la peur génère des attitudes. Celles-ci peuvent être très efficaces et parfois aussi handicapantes.

  • La sidération : c’est un état où on se retrouve complètement figé face à une situation qui nous effraie. Cette paralysie est un mécanisme naturel qui  peut être opérant dans certains cas. En effet l’absence de mouvements nous permet d’être moins réparables dans une situation de danger. Prenons l’exemple d’un braquage où il est plus pertinent de ne pas bouger que de se mettre à courir dans tous les sens.  Pourtant, cette sidération peut devenir un vrai obstacle. Imaginons lors d’un départ d’incendie il sera plus efficace de réagir plutôt que de rester figé face aux flammes grandissantes.
  • La fuite : autre réaction naturelle à la peur. Celle-ci peut être particulièrement adaptée pour nous extraire d’un danger potentiel. Cependant, s’enfermer dans ce type de réactions peut aussi engendrer des comportements d’évitement.  Par conséquent on va fuir toutes situations physiques ou émotionnelles jugées à  risques. C’est d’ailleurs peut être un peu ce qu’il se passe actuellement avec le coronavirus, on fuit les espaces communs, le contact avec les autres de façon massive pour se protéger.

Attention je ne dis pas que de telles mesures ne sont pas nécessairement justes, seulement qu’elles nécessitent un peu de tempérance.

  • L’attaque : là encore il s’agit d’un état naturel. Vous l’aurez compris utile et vital dans certains cas et handicapant dans d’autres. Pour certains, il sera plus naturel de lutter contre la source du danger mais sans forcement  analyser la situation et les risques encourus. Si l’on revient sur l’exemple de l’incendie, vouloir éteindre les flammes à mains nues engendrera plus de dégâts à mon avis.

En réalité, comme pour tout il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises façons de réagir, on fait de notre mieux sur l’instant. D’ailleurs souvent les premières réactions sont automatiques et inconscientes surtout en cas d’accidents ou d’évènements extérieurs non maîtrisables.

Là où nous pouvons agir c’est sur l’analyse à posteriori de la pertinence de nos réactions. Celle-ci nous permet de prendre un recul  indispensable pour développer la connaissance de soi. En effet,  pouvoir tirer des leçons de nos expériences nous invitent à affiner nos modalités réactionnelles.

D’ailleurs, peut-être qu’il serait intéressant, après avoir dévalisé le rayon papier toilette du supermarché du coin, d’en analyser la pertinence ! À bon entendeur…

Bien sûr il n’est pas question ici d’entrer dans des mécanismes de culpabilisation qui seraient tout sauf productif.

Et l’inconscient dans tout ça ?

Tout d’abord, il faut savoir que l’inconnu favorise énormément les mouvements de peurs et ce depuis tout temps. A vrai dire notre inconscient déteste les perspectives nouvelles. Lorsqu’il s’y retrouve confronté il  va s’activer en interprétant la situation  comme étant potentiellement dangereuse. Par exemple en cas de l’apparition d’un virus ou encore de la perspective d’un nouvel emploi !  Comme un bon soldat il  va mettre en place tout un tas de stratégies pour éviter que cela se produise. Parfois c’est pertinent et d’autres fois non !

Dans le cas actuel, l’inconnu généré face au risque potentiel de contamination nous pousse à déployer  des comportements, bien que légitimes, un peu disproportionnés vous en conviendrez ! Ce sont nos besoins de sécurité qui sont mis en lumière ici et qui s’expriment. Pour autant s’accorder un temps d’analyse et de prise de recul est  vital. De plus, cela permet  de limiter les manifestations d’angoisses collectives qui sont déjà grandement stimulées par les médias et qui alimentent à leur tour nos peurs !

Ensuite,  il me paraît indispensable de remettre en perspective des notions de cohérences et de logiques. Celles-ci sont bien sûr  mises à mal lorsque l’émotion de peur prend toute la place. On réagit au lieu de raisonner.  Par exemple on interdit les rassemblements de plus de 1000 personnes  alors que les grandes surfaces elles restent ouvertes ! Ou encore, dans un autre registre, on retarde des soins dentaires dont on sait indispensable par peur des souffrances potentielles ! Pour ainsi dire,  on attend que la peur des conséquences soit plus grave pour se mettre en mouvement.

 Au final c’est une peur qui en chasse une autre !

Pour conclure je dirais qu’agir avec discernement permet d’être dans le prendre de soin de soi, mais aussi de limiter l’apparition de mouvements collectifs ayant de lourdes conséquences sur notre économie.

Au niveau collectif comment ça se passe ?

Pour générer un état d’anxiété collective, nous avons besoin de 3 facteurs :

  • La vraisemblance : la possibilité que ce risque puisse exister. Dans le coronavirus on retrouve bien le risque d’une propagation massive
  • Des faits similaires antérieurs : d’autres épidémies ont déjà existé dont certaines particulièrement virulentes.
  • Un climat anxiogène concernant l’avenir

On est clairement dans ce cas de figure. D’ailleurs, le magasine « cerveau et psycho » proposait un article à ce sujet parut en février 2020. Il nous explique notamment que les problématiques environnementales font parties actuellement des premières préoccupations des Hommes et seraient devenues un facteur aggravant de l’anxiété individuelle.   

On constate déjà que le sentiment permanent d’insécurité crée un climat anxiogène qui à son tour conditionne notre rapport au monde. Si l’on rajoute à cela une épidémie on vient alors cristalliser tous ces sentiments évoluant à bas bruit.  Ce qui explique en partie toute l’effervescence existante autour du coronavirus.

Comment le developpement personnel peut aider ?

Une des premières notions que l’on apprend quand on s’inscrit dans cette démarche est la notion de responsabilité. En effet, nous sommes responsables de nous-même, de nos choix, de la façon dont nous décidons d’agir pour soi ou de communiquer. Nous ne sommes pas responsables des évènements extérieurs bien sûr mais de la manière dont nous choisissons de les vivrent. Partant de ce constat nous sommes aussi responsables de la façon dont nous abordons cette situation de crise et des comportements que nous mettons en place pour y répondre.

Voici ici quelques outils pouvant vous accompagnez dans cet état de crise collective et dans la gestion de vos émotions de façon générale :

  • Développez son sens critique : lisez et documentez vous sur les sujets qui vous impactent. Soyez vigilant et multipliez vos sources d’informations pour nourrir un regard critique personnel. C’est valable pour tout ! Faites votre propre opinion ! Pensez par vous-même ! Vous nourrissez ainsi votre capacité de discernement qui vous sera d’une grande d’aide dans bien des situations !
  • Accordez-vous des temps off : coupez la radio, la télé. Sortez prendre l’air. Connectez-vous à l’instant présent. La réflexion nécessite de l’apaisement. Ces temps de coupures permettent de faire redescendre la charge émotionnelle indispensable pour structurer et analyser sa pensée. Prenez de la hauteur !
  • Apprenez à repérer les spécificités de vos réactions : rappelez-vous que nos émotions sont amplifiées par des perceptions subjectives !!
  • Faites des liens avec vos besoins personnels. De quoi auriez-vous besoin ? Et que pourriez-vous mettre en place pour y répondre sans tomber dans de la réaction émotionnelle?
  • Concentrer votre énergie en vous centrant sur les éléments de votre vie où vous avez la possibilité d’agir  et qui font sens pour vous ! Plutôt que sur tout ce sur quoi vous n’avez aucun contrôle. Vous diminuerez ainsi votre sentiment d’impuissance et d’anxiété.
  • Rappelez-vous que votre inconscient déteste l’inconnu et qu’il va mettre en place des stratégies d’évitement très efficace sur l’instant ! Pour autant cela ne correspondra pas nécessairement à vos valeurs ! N’en devenez pas esclaves !

Et vous que faites-vous au quotidien pour gérer vos peurs ?

Si vous vous sentez trop envahit par vos peurs, qu’elles génèrent des sensations d’angoisses difficile à vivre pour vous, parlez-en avec un professionnel qui pourra vous accompagner pour apprendre à mieux gérer vos émotions !

Merci pour votre attention et votre lecture.

Cet article a été écrit avec la participation active d’Erwann CABUT, mon soutient et compagnon 🙂

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires et à partager si l’article vous a plu !

Pour aller plus loin :

https://www.redpsy.com/guide/peur.html

https://www.franceculture.fr/environnement/solastalgie-eco-anxiete-les-emotions-de-la-crise-ecologique

https://www.huffingtonpost.fr/entry/de-la-peur-de-lepidemie-de-coronavirus-a-lepidemie-de-la-peur_fr_5e554c16c5b6a718cdce6a42

Crédit image : Alexandra_Koch de Pixabay et OpenClipart-Vectors de Pixabay

Marion SOULET

2 réflexions sur « Coronavirus symptôme de nos peurs ? »

  1. Un simple message de remerciement pour cet article si bien construit qui amène à de nombreuses réflexions personnelles. J’ajoute même qu’il devrait être reconnu d’utilité publique en ce moment de terreur nationale.
    Je t’envoie tout mes encouragements et pensées positives dans ce beau projet. Tu es faites pour ça Marion 🙂

    1. Bonjour Marie-Anne !! Merci beaucoup pour ton retour !!! C’est super encourageant ! J’espère que ce que j’ai à offrir touchera un maximum de personnes !! Merci encore à toi !

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